11.2.17

La poubellisation de Québec

[Esquisse pour une réédition du livre Québec ville dépressionniste, à paraître l'an prochain.]


D’abord il y eut Le monde parallèle de Jeff Fillion. Au sein de la ville de Québec, ville-patrimoine, ville culturelle, ville francophone, Capitale Nationale, représentée par des souverainistes au provincial comme au fédéral, et par un maire dont le parti était issu d’un mouvement populaire au municipal, un animateur entreprit de faire de la trash radio sur le modèle américain.

Il était lui-même un shock-jock, ce que le Merriam-Webster définit comme « a radio personality noted for provocative or inflammatory commentary ». Il rejoignait dans cette lignée André Arthur, le beuglement de notre enfance, le bonhomme sept heures des radios d’autobus, le rire gras des mononcles de dépanneurs, celui qui nous décevait de nos parents, et très logiquement ces deux-là ont fini par se rencontrer dans le même show.

Fillion s’en prenait indistinctement aux politiciens, personnalités artistiques, vedettes de télé, élites diverses, puis des gens au hasard de l’actualité, des filles du communautaire, puis ce fut un véritable tir de barrage, un orage de marde, les insultes ont fusé, lâche, pissou, loser, mouton, minable, mauviette, pas de couille, chieux, pauvre type, twit, inculte, cruche vide, bitch, fakeux, guidoune, pervers, liche-cul, vomissure, merde, étron, parasite, vomi, virus, fosse septique, c’était proprement inouï.

Il y eut des concours du pénis le plus long, de celui qui mange sa merde, on a fait tirer une paire de seins en plastique, on a dénoncé les « crottés du quartier », un concours pour lequel on pouvait gagner un ski-doo, ce furent les Descarreaux, vous êtes entrés chez eux pour rire d’eux autres, la madame en est tombée malade, et notre culture en fut changée à jamais.

Plus tard, on traduisit de manière littérale trash radio par « radio-poubelle » et leurs animateurs, qui se réclamaient de la première, s’offusquèrent de la deuxième. Ils allaient montrer, de manière continue dans le temps, une relation problématique envers leurs propres paroles.

Puis, il y a eu l’opération Scorpion, des bums de mon quartier exploitaient des jeunes filles, ce fut le scandale de la prostitution juvénile. Des gros bonnets de la ville se sont fait prendre, des hommes respectables, des chefs d’entreprises, des noms connus, on en a eu pour des mois de révélations scabreuses, c’était votre pain et votre beurre, vos auditeurs capotaient, le tabou du sexe interdit enfoncé par celui de l’argent inaccessible, ça les faisait vraiment flipper d’envie, ils scandaient « que l’on continue! », l’enquête policière s’entend, mais on devinait qu’on voulait surtout la poursuite de ce feuilleton obscène qui apprit à cette petite ville tranquille ce qu’était un golden shower.

Au milieu de tout ça, c’était inespéré, votre principal concurrent, celui qui représentait tout ce que vous détestiez, l’animateur Robert Gillet, le symbole de ce que Fillion appelait la « secte des notables», l’ami des gens de culture, de la haute-ville, des politiciens souverainistes et progressistes, vous rêviez de faire tomber L’Allier avec lui.

Vous avez fait des autocollants, il y avait des manifs en char, avec un drapeau planté en face de l’hôtel de Ville, c’était votre première fois, vous avez goûté au sang, vous alliez recommencer chaque fois que l’occasion se présenterait, les campagnes de pub déguisées en mobilisations populaires, un militantisme de bumper stickers pour des causes corporatives au temps des BBM, votre propre cause.

Un an après, un reportage à TVA révélait qu’un « golf érotique » commandité par votre radio avait eu lieu en 2001 et qu’un des proxénètes qui fournissait les filles pour l’aspect « érotique » de la chose se trouvait être l’un des suspects de l’opération Scorpion, vous avez donné au journaliste la marde de sa vie, il vous a poursuivi avec succès en diffamation, vous avez identifié les témoins en ondes, résultat, « les jeunes femmes furent inondées de courriels d’auditeurs et harcelées pendant des semaines en raison de leur participation aux reportages » selon les minutes du procès que vous avez ensuite intenté au journaliste, et que vous avez perdu.

Ensuite, il y a eu l’épisode où, dans un rare moment de courage et de lucidité, le CRTC voulait révoquer la licence de CHOI, il y eut un slogan imprimé avec les couleurs de votre logo, « Liberté, je crie ton nom partout », vous avez failli à citer Éluard sur le sens du monde, il y avait 50 000 personnes dans les rues, l’ère des angry white male était bien commencée à Québec, on les appelait les « X », vous aviez brandé vos auditeurs, on ne savait plus que défendre entre la liberté d’expression et le droit au respect et à la dignité, mais quand on croisait un de vos gilets dans les rues, il y avait ce mauvais œil, il y avait de la haine dans l’air.

Après une femme courageuse s’est tenue dans votre chemin, Fillion fut viré, CHOI fut vendu, on pensait que c’était terminé, mais la pomme pourrie avait ruiné le paquet, la relève s’appelait Stéphane Dupont, Dominic Maurais, Sylvain Bouchard, Éric Duhaime, Richard Martineau, Stéphane Gasse, Denis Gravel, Jérôme Landry, tous des hommes, tous de droite, les femmes c’est dangereux ou trop mou, c’est selon, quand elles sont là on les entend rire de vos jokes, elles sont si bonnes pour être d’accord, elles font de si bons seconds violons.

Puis vous avez compris qu’attaquer les individus n’était pas payant, ce furent les groupes, les différents qui ont passé au cash, les écolos, les étudiants, les femmes, les gais, les musulmans, les pauvres, les immigrants, les cyclistes, les artistes, parce que le zeitgeist de la ville avait viré de bord en bord, et cette belle ville qu’était Québec se découvrait frustrée, réactionnaire, ultra-libérale, anti-syndicaliste, anti-sociale, avec un mépris ouvert pour les choses de l’art et de la culture, et cette capitale d’une nation que vous ne reconnaissez pas était plus que jamais fermée, repliée sur elle-même, étrangère au reste du Québec.

Et ça s’est étendu comme de la mélasse, le FM 93 a été le plus durement touché, et NRJ fut la première à reprendre Fillion, et il y a aussi BLVD qui prend les rejets des autres, puis l’IEDM a été mis à contribution, puis le journal de Q vous a donné des tribunes et vous avez pris leurs chroniqueurs et désormais la liberté d’expression c’était l’unanimité idéologique des puissants.

Après on a commencé à s’interroger sur le « mystère Québec » et des sociologues nous ont expliqué que les radios jouaient sur des réflexes en dormance chez les gens de la ville, le fond conservateur, la rivalité Québec-Montréal, l’anglomanie, le gros village, bref, qu’elles répondaient à une demande, et jamais il ne fallait questionner dans le sens inverse, se demander quelle influence pouvait avoir des radios qui diffusaient des tels propos à journée longue, écoutées par près de la moitié de la ville, ne jamais prononcer le gros mot de propagande, parce qu’enfin les auditeurs sont des gens indépendants d’esprit qui valorisent la liberté d’expression.

Mais quand vous avez dit de voter Régis, adéquiste, conservateur, André Arthur, n’importe qui sauf Ann Bourget, n’importe qui sauf Pauline, n’importe qui sauf des femmes n’est-ce pas, ils ont tous été élus, puis je me suis étonné de voir des gens supposément indépendants d’esprit se faire dire pour qui voter.

Puis il y a eu un tremblement de terre à Haïti, des centaines de milliers de personnes ont perdu la vie, et Stéphan Dupont a dit qu’Haïti est « un trou à marde. »

Et André Arthur a dit qu’Haïti est un pays « bizarre », « lieu d’origine du sida, peuplé de voleurs où la sexualité est anormale ».

Et Josée Morissette a dit « BEURK » quand elle a vu deux femmes s’embrasser dans une publicité et aussi « j’aurais vu deux chiens qui se frenchent j’aurais fait la même affaire. »

Et Carl Monette a dit « c’est un travail de femme, le ménage » et aussi « la journée où j’ai un lave-vaisselle qui me suce, fuck la blonde! ».

Et Jérôme Landry et Denis Gravel parlaient des cyclistes en disant « Fuck you ! Tu sais pas vivre. T’as ben beau être en santé, t’as ben beau avoir des mollets gros comme ma tête, j’m’en sacre ! Tu sais pas vivre ! Gros colon ! Gros cave ! Reste che-vous. Tu mérites qu’un char te passe dessus. »

Et Doc Mailloux a dit « j’ai une hantise pour les Arabes, la culture arabique maghrébine, pour moi ce sont des peuples profondément tarés, l’Asie Mineure le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, culture porteuse de profondes tares. »

Et Éric Duhaime a dit que ce n’était pas raciste de déposer une tête de cochon en face d’une mosquée.

Et Jeff Fillion, ce défenseur de la liberté d’expression, a dit que Raïf Badawi, un blogueur qui défiait la dictature saoudienne, «c't'un cave » et aussi « il s'est mis dans' marde, qu'il s'en sorte lui-même » mais encore « s'en aller, pis commencer à jouer au genre de super héros pour essayer de remettre l'Arabie saoudite avec les valeurs occidentales, faut vraiment être un toton » pour finir « awoueille des coups de fouet, we don't care ».

Et Richard Martineau a dit qu’il était Charlie puis il a poursuivi un caricaturiste qui l’avait dessiné.

Après il y a eu l’invraisemblable épisode de l’amphithéâtre, le maire que vous souteniez allait investir 400 millions d’argent public pour le retour des Nordiques, ce fut la Nordiques Nation, puis il y eut la marche bleue, 50000 schtroumpfs ont déferlé sur les plaines, le retour des Nordiques c’était le second avènement du Christ, la téléologie de l’histoire, les erreurs du passé allaient être réparées, tous les jours on avait de nouvelles rumeurs, on avait des spécialistes de Glendale et de Raleigh, certains surveillaient les avions, puis ce fut la première pelletée de terre, il y a eu un événement baptisé « j’ai ma pelle » et ce fut le comble de la rhinocérite pis elle est où la câlisse d’équipe avec laquelle vous avez promené vos auditeurs pendant toutes ces années je vous prie?

Après il y a eu les cols rouges, vous vouliez représenter les payeurs de taxes, faire le ménage, vous avez fait des manifestations avec des balais, vous avez présenté votre candidat qui s’est retrouvé tout seul en campagne, il s’est rendu compte après tout le monde qu’il n’y a pas grand chose à tirer de chialeurs de tribunes téléphoniques, vue d’ici, la fin pathétique de l’aventure fut très satisfaisante.

Puis il y a eu la grève étudiante, vous avez trouvé votre némésis, Gabriel Nadeau-Dubois, et les insultes ont fusé comme autrefois, crétin, débile mental, égoïste, pleutre, couilllon, bébé gâté, couche aux fesses, petit communiste bourgeois, syphilis grimpante, guenillou, rat, petit être méprisable, bouffon, petit morveux, minable, petite pute sans aucun intérêt, et vous avez invité les flics à foncer dans le tas et Bouchard a évoqué la loi sur les mesures de guerre.

Puis un gars a courageusement dénoncé le climat délétère qui régnait à Québec avec une page Facebook, Québec s’excuse pour sa radio-poubelle que ça s’appelait, vous lui avez donné la marde de sa vie, des auditeurs sont allés chez lui, des gens indépendants d’esprit qui valorisent la liberté d’expression, on a cassé ses fenêtres avec des boules de billard, il a perdu sa job et a dû déménager à Montréal.

Puis une collègue a fait lire le livre de Gabriel Nadeau-Dubois, un étudiant l’a dénoncée, vous avez appelé à brûler le livre, mais bon sang, savez-vous seulement à quoi ça réfère dans l’histoire?

Après vous étiez en guerre contre la SAQ, c’était paraît-il moins cher en Ontario, vous avez nolisé des autobus, dix heures aller-retour pour économiser une piastre et demie sur des bouteilles de piquette, tout le monde était déçu, et juste cette fois-là, j’aimerais savoir qu’il y a eu quelqu’un qui a eu l’impression de se faire manipuler.

Après vous avez fait la promotion des food trucks, pourquoi, j’en ai aucune idée, mais vous avez rameuté des milliers de personnes pour manger dans un stationnement de power center le long d’une autoroute, une expérience dépressionniste totale. C’était bon, l’extra gaz?

Puis vous avez fait campagne contre des voies réservées, vos auditeurs ont appelé pour se vanter de couper des autobus, mon collègue a entendu ça live, j’ai dit « tu me niaises », le lendemain c’était dans le journal, Québec, la seule ville du monde où l’on proteste contre le transport collectif, quand on a abandonné le projet de voies réservées, la CAQ a dit que c'était «une victoire pour les gens de Québec ».

Après ou avant, je ne sais plus, vous avez dit que vous étiez « écoeurés de payer », des taxes et des impôts faut croire, parce qu’à ce point-ci vous comme vos auditeurs campiez franchement à droite, vous vouliez moins d’impôts pour moins d’État, sans jamais dire que de toute façon les baisses d’impôts sont transférées en hausses de tarifs, et que de manière générale vos auditeurs seraient incapables de survivre économiquement dans le monde libertarien que vous leur vendez, la preuve étant qu’ils trouvent que la vie est déjà assez dure de même. Quoi qu’il en soit, après l’amphithéâtre, c’était quand même un peu drôle que vous soyez déjà écoeurés de payer, surtout que l’argent dégagé devait servir logiquement à consommer plus.

Puis vous avez voulu un troisième lien pour relier les deux rives, le trafic automobile réglé par le trafic automobile, Québec, ville du gaz et du char, il y en avait pour 4 milliards, apparemment vous n’étiez pas encore assez écoeurés de payer, rebelote avec la campagne d’autocollants aux couleurs de votre station, puis vous vous êtes opposés au SRB parce que votre pain et votre beurre, ce sont des automobilistes pris dans le trafic qui sont pognés pour vous écouter, mais on sentait une certaine fatigue, peut-être que les gens en avaient assez de se faire prendre pour des pions, peu importe, le trip a duré une semaine.

Pendant tout ce temps, vous avez aussi dénoncé les béesses, les fonctionnaires, les féministes, les écologistes, les syndicalistes, voire tous ceux qui n’étaient pas comme vous et que vous avez rassemblé sous le vocable de gauchistes, Duhaime en fait une monomanie, et je pense que la fureur qu’il met à combattre une gauche largement imaginaire tient à sa peur bleue que son auditoire rencontre, une fois dans sa vie, une idée qui a du bon sens.

Puis Dominique Payette, à la demande de Pauline Marois, a publié un rapport sur les radios de Québec qui faisait état d’un « régime de peur » et «d’intimidation », vous lui avez donné la marde de sa vie, vous avez dit qu’elle était « laide », que c’était « deux vieilles femmes aigries incapables d’accepter une défaite électorale » et que c’était un « torchon péquiste payé par les contribuables », et comme pour finir de lui donner raison, pas un hostie de politicien n’a voulu endosser ses conclusions.

Puis le parrain de la charte du PQ, Bernard Drainville, est allé faire de la radio avec Éric Duhaime, le xénophobe rencontre le néolibéral, un beau résumé du climat politique contemporain, ça s’annonçait grandiose, puis Duhaime a dit à Infoman qu’en le rejoignant, Drainville a doublé son salaire, sachant qu’un ministre gagne 158000$ par année, ça m’a laissé songeur sur les émoluments de ceux qui disent parler pour le peuple.

Puis vous avez mangé comme tout le monde au ratelier de l’islamophobie, Maurais a dit que les musulmans « sèment les pires horreurs sur la terre », ses invités disaient que l’immigration musulmane « est une menace qui nous ronge de l’intérieur » et que « l’Islam dans son ensemble est incompatible avec l’Occident, la démocratie, les valeurs occidentales » et que « si tous les musulmans ne sont pas terroristes, à l’heure actuelle tous les terroristes sont musulmans » et il s'est fait prendre en photo avec Marine Le Pen.

Puis c’est arrivé, l’horreur, la tuerie, évidemment ce n’était pas vous, pas de votre faute, personne ne va prendre de responsabilité individuelle dans un crime collectif, le racisme, et personne ne veut voir le collectif dans un acte individuel, mais quand même, si j’en parle, ce n’est pas pour vous accuser, c’est juste pour souligner que vos dénégations répétées et continues depuis que c'est arrivé sont comme gênantes, coudonc, avez-vous quelque chose sur la conscience?

Puis la Commission scolaire de Québec a demandé à ses chauffeurs de ne pas écouter la radio d’opinion parce que ses propos ne conviennent pas aux enfants, le ministre de l’Éducation est intervenu, il a déjà été chroniqueur à Radio X, la directive a été renversée, juste un rappel qu’il est impossible d’échapper à la radio-poubelle à Québec, c’est notre liberté obligatoire, nous y sommes condamnés, le tout s’est joué en moins de huit heures.

Et le maire a dénoncé « celles et ceux qui s’enrichissent avec la haine » et Éric Caire a dit que le maire est allé « beaucoup trop loin » dans ses propos, et si ça c’est aller trop loin, aussi bien dire qu'on n'ira jamais nulle part.

Puis vous vous êtes ligués contre le Système Rapide par Bus, des politiciens couillons ont sauté dans le train, ils sentaient l'élection venir, d'abord l'opposition de la ville, puis le maire de Lévis, en moins d'une semaine la conjuration des imbéciles est venue à bout du projet.
Puis quand on parlait de Québec, plus personne ne pensait à la ville-patrimoine, ville culturelle, ville francophone, Capitale Nationale, non, quand on parlait de Québec on pensait d’abord à la radio-poubelle, son principal trait définitoire et même dans le New York Times on pouvait lire que Québec « is a conservative bastion within the province and home to right-leaning radio talk shows that push an anti-Islam agenda. »

Puis j’ai longtemps, longtemps, beaucoup trop longtemps été de l’école de ceux qui pensaient qu’on avait qu’à ne pas vous écouter, à changer de poste, à ne pas prêter attention à ce flot de sottises, mais le monde changeait autour de moi, je ne savais comment comprendre ces mouvements de masses hargneuses, ces autocollants, ces balais et ces pelles bleues, et des amis disaient qu’ils n’en pouvaient plus du climat pourri de la ville, qu’ils étaient heureux de déménager, d’autres disaient qu’à Québec aussi on créait, on résistait, on luttait pour la justice sociale, et je me suis demandé dans quelle autre ville on croit nécessaire d’énoncer des évidences pareilles.

Je réclame ma ville, sa grandeur, son potentiel, son ouverture, son avenir, une ville où il fait bon vivre, il est temps que le vent vire de bord, que toute la haine, le ressentiment, la frustration, les cris, le beuglement, la colère, la rancune, l’agressivité que vous avez déployés se retournent contre vous, que vous sentiez un peu de chaleur, que vous sachiez que nous sommes écoeurés de vos niaiseries, de vivre sous une chape de plomb, sous la pesante atmosphère qui est devenu le zeitgeist de notre ville, que nous ne sommes pas et ne deviendrons jamais poubelle.